29 avril 2009
Animaginaire boréal
En janvier, je vous avais fait part de mes impressions sur le premier « Bestiaire » de Serge Bouchard.
Et aujourd'hui, j'enchaîne avec le deuxième tome de « Confessions animales : bestiaire II ».
Encore une fois, la poésie des textes de Bouchard est très prenante. J'ai adoré partager l'intimité de la faune boréale pour une deuxième fois.
Bien que cette fois on sente une sorte d'urgence dans la prose de Bouchard, la magie des mots opère toujours. Et en lisant certains textes, on comprend que le sentiment d'urgence est justifié, ne serait-ce que pour l'aspect éphémère de la vie de certains animaux, alors que d'autres sont plutôt victimes de leurs voisins humains, de plus en plus envahissants.
Bref, encore un livre à savourer pour la poésie des mots, et pour les images sublimes fournies par plusieurs artistes illustrateurs.
Un solide 9 signets sur 10.
04 août 2008
Lourde fraîcheur estivale
Habituellement, je fuis comme la peste les succès instantanés dans le domaine de la littérature. Quand les gens se bousculent pour réserver un bouquin à la bibliothèque, je fais un grand détour et je vais voir ailleurs. Eh bien cette fois, je me suis laissé tenté, pour aucune raison logique, et je suis tombé sous le charme de « Champagne » de Monique Proulx.
Encore une fois, plutôt que de résumer le roman, qui à mon avis, ne se résume simplement pas, il se lit (et se vit!), voici le résumé de la quatrième de couverture.
Voici la campagne, ou plutôt la « champagne » - ainsi qu'on désignait au Moyen Âge tout territoire sauvage se déployant hors de la ville.
Voici un royaume encore épargné par le développement durable. Un lac d'eau pure s'étale entre les plus vieilles montagnes du monde. Les conifères et les bouleaux hérissent leurs murailles impénétrables. Les citoyens du royaume sont des chevreuils, des loutres, des écureuils, des insectes, des chanterelles - et quelques humains, réfugiés dans la célébration de la nature, rejoints malgré eux par la tourmente.
Lila protège le territoire contre les prédateurs et ressasse ses amertumes. Claire fabrique des scénarios de films qui empiètent peu à peu sur la réalité. Simon, résolu à panser tout ce qui souffre, découvre qu'il y a des blessures irréparables. Le petit Jérémie rêve de l'incantation magique qui le délivrera de l'avenir, Violette cherche l'arme définitive qui tuera le passé. Et un homme vêtu d'une veste à carreaux rouges rôde dans la forêt.
Ce roman est une véritable ode à la nature, généreuse, confuse et vivante. Les quelques personnages sont littéralement perdus au coeur du foisonnement végétal, animal et minéral. Une oeuvre puissante, poétique et évocatrice.
À lire l'été, pour comprendre la richesse que nous offre notre territoire.
À lire l'automne, par nostalgie des superbes journées d'été
À lire l'hiver, pour retrouver, encore une fois, une communion quasi-parfaite avec la nature
À lire au printemps, pour les promesses des jours à venir, emplis d'une félicité nullement égalable.
Il s'agit purement et simplement de ma découverte littéraire de l'été et je lui donne donc 4.5 signets sur 5.
12 juillet 2008
Il ne faut pas rire des autres... Sauf s'ils sont riches et célèbres!
Sur une suggestion de Jo, je me suis attaqué à la lecture d'un petit livre qui en parodiait un gros (dans le sens de beaucoup de pages).
Il s'agit du « Da Monopoli Code » (en version française uniquement). Cette étrange plaquette, prétenduement écrite par un américain nommé D. Hoaxer (qu'on pourrait traduire par « Le Farceur ») et traduite (et améliorée, selon les termes du traducteurs) par François Magin, représente une drôle de bibitte dans le milieu de l'édition au Québec.
Non pas que les histoires humoristiques ne soient pas appréciées au Québec, ou encore qu'elles ne soient simplement pas publiées, mais je crois que c'est la première fois que je vois une parodie de roman à succès écrite au Québec.
Parce que, si vous ne l'aviez pas encore compris, « Da Monopoli Code » est une parodie en bonne et due forme du « Da Vinci Code » de Dan Brown.
Dans un style savoureux et une langue truculente, Magin nous entraîne dans les aventures improbables et complètement fictives (!) de G. T. Lardon, un spécialiste en symbolisme de planche de Monopoli. Bref, tous les moyens sont bons (et croyez moi, ils le sont!) pour rire du Code Da Vinci. Les gags sont autant basés su les jeux de mots, les interventions du traducteur que celles, supposées, de l'auteur américain.
De plus, ce roman possède une qualité essentielle à une bonne parodie : il est relativement court! Avec moins de deux cent pages, le rythme n'a pas le temps de s'essouffler et les blagues sont toujours aussi drôle à la fin.
Bref, un bon moment de détente et de franche rigolade! (Heureusement que je l'ai terminé, Bloguette commençait à douter de ma santé mentale, à force de me voir rire tout seul en tournant les pages...)
Il faut absolument que vous lisiez ce qui suit l'épilogue, puisqu'à mon avis, c'est avec les toutes dernières pages que la parodie bon enfant fait place à l'ironie mordante, et que l'on prend véritablement la mesure de l'écrivain/traducteur qu'est François Magin.
Je lui accorde donc un gros 4 signets sur 5 et croyez moi, ils sont mérités!