06 mai 2009
Donjon et drag... ah? y'en a pas ici? Euh... oups!
Initialement diffusée sous forme de fichiers MP3, le Donjon de Naheulbeuk a subi une transformation majeure pour sa troisième saison : c'est devenu un livre!
Comme dans les deux premières saisons, « La Couette de l'oubli » raconte les mésaventures de la Compagnie (qui n'a toujours pas de nom officiel, même après une grosse semaine remplie d'aventures), formée du Ranger (le pseudo-chef), du Nain (bougon, ronchon et amateu de bière), du Barbare (qui cogne pour un oui, un non, et même un peut-être!), de l'Efle (dont l'habilité à l'arc est inversement proportionnelle à la taille de son décolleté), de la Magicienne (on est vraiment loin de Gandalf et de Harry Potter ici!), et de l'Ogre (Takala Miam Miam!).
En gros, ils doivent empêcher l'accomplissement d'une prophétie qu'ils ont eux-même mis en branle en accomplissant leur toute première mission. Et comme d'habitude, les ennuis succédant aux calamités, le voyage n'est pas de tout repos.
Autant les épisodes audio me faisait immanquablement pouffer de rire, autant le roman m'a déçu. Le rythme n'est pas du tout le même (les épisodes durent en moyenne 8 à 10 minutes et le roman fait plus de 300 pages) et la plupart des gags tombent à plat. Ajoutez à cela une utilisation fréquente de l'argot français, et vous obtrenez un livre plus ou moins intéressant, surtout pour un lecteur québécois.
Mais le pire, à mon avis, est vraiment la finale qui non seulement tombe à plat, mais nous laisse le sentiment que le travail n'est pas complet, et qu'il manque quelque chose pour que ce soit vraiment satisfaisant...
Verdict : 5 signets sur 10 et je vous recommande fortement la série en mp3 pour avoir une meilleure idée du produit!
16 décembre 2008
La suite qui n'en était pas une
Vous rappelez vous de ma critique de « La Malédiction d'Old Haven »?
Eh bien, je pourrais la reprendre intégralement ici, en changeant quelques détails à propos du « Maître des dragons », de Fabrice Colin. Pourquoi? Eh bien, parce qu'il s'agit en quelque sorte du prolongement de « La Malédiction d'Old Haven ». Je dis bien prolongement et non suite. Pourquoi?
Simplement parce que Colin reprend exactement la même histoire, mais choisit cette fois-ci de la raconter du point de vue de Thomas Goodwill, le pirate au grand coeur qui est intimement mêlé au destin de Marie Wickford.
Concept très intéressant que celui de la reprise d'un récit avec un autre point de vue. Et Colin le maîtrise avec brio, enrichissant ainsi le récit déjà luxuriant qu'il nous avait déjà présenté.
Les deux récits peuvent se lire indépendamment, et dans n'importe quel ordre. Mais ils en valent tous deux la peine!
Un autre 4.5 signets sur 5!
07 novembre 2008
Ne laissez surtout pas venir à moi les petits enfants!
Les deux derniers romans de Jean-Christophe Grangé m'avaient profondément déçus. Quand on est capable, à deux reprises, de découvrir l'identité du tueur au milieu d'un roman, il y a un problème quelque part. Mais comme j'avais vraiment aimé ses premiers romans, j'ai décidé de lui donner une autre chance avec Miserere, son dernier roman.
L'histoire de base est relativement simple : l'inspecteur Kasdan, un arménien convaincu, est appelé sur le site d'un meurtre qui s'est produit dans l'église qu'il fréquente. La victime est un organiste chilien homosexuel, qui dirigeait la chorale. Sur les lieux du meurtre, on retrouve une empreinte de chaussure, correspondant à la pointure d'un enfant. Par la suite, Kasdan apprend que des enfants ont disparus de certaines chorales également dirigées par la victime. À partir de là, tout se complique, et le lecteur est rapidement entraîné dans une spirale descendante, qui va le mener au choeur d'atrocités rarement égalées.
Bref, on a vraiment affaire à un suspense mené de main de maître, et c'est probablement le meilleur Grangé que j'aie lu. Les personnages sont bien campés, tourmentés à souhait, et très biens développés. L'intrigue est captivante et la solution finale nous laisse pantois : c'était tellement évident!
Une excellente lecture pour aider à faire passer la grisaille de novembre!
Je lui donne 4 signets sur 5 (et j'ai maintenant une phobie incontrôlable des chorales!) ;)
27 octobre 2008
Moi mes souliers...
Quand on découvre un nouvel auteur, et qu'en plus on aime beaucoup ce qu'il écrit, c'est très bien. Mais quand cet auteur n'en est pas à son premier roman et qu'on le découvre par le dernier paru, on a l'air un peu fou. Et si on ajoute le fait que l'auteur(e) en question écrit depuis une vingtaine d'année, ben, ça donne ce qui m'est arrivé!
C'est dans une critique du « ICI » que j'ai découvert Un lieu incertain, de Fred Vargass. Dans son dernier roman, Vargass met de nouveau en scène Jean-Baptiste Adamsberg, commissaire à la 5e brigade criminelle de Paris. Cette fois, Adamsberg est en visite à Londres, où il assiste à une série de colloques où participe la crème de la police européenne. Un soir, alors qu'il se promène dans les rues londoniennes avec un représentant du New Scottland Yard, il est témoin d'une macabre découverte : plus d'une quinzaine (19 pour être exact) de souliers ont été déposés devant la grille d'un vieux cimetière. Le hic : tous les souliers contiennent encore le pied de leur ancien propriétaire.
De retour en France, Adamsberg oublie rapidement cet étrange épisode, puisqu'un meutre atroce retient bientôt son attention. En effet, un avocat à la retraite a littéralement été réduit en bouillie, et répandu à travers sa maison.
Y-a-t-il un lien entre les chaussures et cet autre meurtre? Et se pourrait-il que la solution à cette énigme se trouve dans les traditions et le folklore Serbe?
Bref, Un lieu incertain est un excellent roman policier, très bien ficelé et qui nous tient en haleine jusqu'à la finale, en donnant juste assez d'indices pour que le lecteur perspicace puisse trouver la solution avant la fin. (Eh non, je ne suis pas si perspicace que ça!) Le commissaire Adamsberg est un étrange croisement entre le Harry Bosch de Connelly et le Kurt Wallander de Mankell, et l'écriture de Vargass est nerveuse et efficace.
Bref, une excellent lecture d'Halloween, et un 4 signets sur 5!
14 octobre 2008
Ma sorcière mal-aimée
Depuis très longtemps, je suis un fan de littérature fantastique. J'ai même suivi un cours universitaire sur le sujet! Et je sais que plus souvent qu'autrement, on tombe sur un navet qui se contente bêtement de reproduire certains thèmes, voire même de piquer des idées déjà exploités par d'excellents auteurs.
Mais il arrive parfois qu'on tombe sur une révélation, un roman qui nous tient en haleine jusqu'à la toute fin, qui remplis toutes ses promesses (sans nécessairement nous en offrir pour 8 tomes ou plus!), et qui nous laisse sur un sentiment de plénitude littéraire assez intéressant.
C'est ce qui m'est arrivé dernièrement, avec « La Malédiction d'Old Haven », un pavé de 640 pages signé Fabrice Colin.
On y suit les aventures de la jeune Mary Wickford, une jeune orpheline de 17 ans qui fait son entrée dans le monde, à sa sortie de l'orphelinat de Gotham. Le « problème », c'est qu'elle est l'héritière d'une longue lignée de sorcières (ou Wiccas), et qu'elle est probablement la plus puissante de toutes, mais qu'elle ignore tout de ses pouvoirs!
S'ensuit alors une foule de péripéties et d'aventures, mêlant mages, sociétés secrètes, pirates, dragons, fous de Dieu, où magie et science font bon ménage.
Bref, une uchronie menée de main de maître, où l'influence de Lovecraft est bien présente, mais où l'influence sert véritablement à faire avancer le récit, et où on sent que ladite influence ne se résume pas à quelques copier-coller, afin de faire plus fantastique encore. L'auteur a une réelle compréhension de l'univers lovecraftien, et cette maîtrise insufle à son oeuvre un courant délicieusement horrifiant.
Bref, une lecture pour amateurs du genre, qui ne seront pas déçus!
Un solide 4.5 signets sur 5!
29 juillet 2008
Liaisons anachroniques
De Didier Van Cauwelaert, j'avais déjà lu « L'Évangile selon Jimmy » que j'avais dévoré et adoré.
C'est donc avec enthousiasme que je me suis lancé dans son dernier roman « La nuit dernière au XVe siècle ». Dans les grandes lignes, il s'agit de l'histoire d'amour entre Jean-Luc Talbot, un contrôleur des impôts à Châteauroux, et Isabeau, une dame de la cour du XVe siècle.
La première constatation qui m'a frappée, c'est que l'histoire aurait pu être écrite par Marc Lévy, tant le thème principal ressemble à ses romans habituels. Mais très rapidement, cette impression est démentie. Au-delà du simple « fantastique fleur-bleu » qu'on retrouve chez Lévy, on ne peut que constater l'efficacité de la plume de Van Cauwelaert, de même que ses profondes convictions métaphysiques.
Le personnage principal voit donc ses valeurs modernes et rationnelles confrontées à celles plus « ouvertes » et résolument tournées vers la parapsychologie des autres intervenants du récit. Plus il tente d'opposer la raison aux phénomènes étranges qu'il subit, et plus ces derniers s'accumulent, l'obligeant ainsi à écarter plusieurs hypothèses, dont celle du complot de contribuables (!)
Bref, un excellent roman, très bien écrit, qui nous permet petit à petit de remettre en question nos propres convictions sur la vie après la mort, la réincarnation, et d'autres phénomènes souvent associés à la charlatanerie et à la psycho-pop.
En terminant, deux arguments personnalisés pour deux lectrices intransigeantes! ;)
Caboche : c'est un auteur français et il écrit merveilleusement bien!
Jo : y'a du sexe!!! :p
Sans rancune et en toute amitié!
Oh, avec mes niaiseries, j'allais oublier! Un bon 4 signets sur cinq pour cette histoire d'amour sur 6 siècles.
15 juillet 2008
Un bonbon trop sucré
Je viens tout juste de terminer la lecture de « Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites », de Marc Lévy. Comme le titre du billet l'indique, je dois dire que tout au long de ma lecture, j'ai eu l'impression de manger de la barbe à papa. Ce fut sucré mais étrangement vide et j'en suis resté sur ma faim...
L'intrigue est relativement simple, et ressemble beaucoup à l'intrigue de base des autres romans de Lévy. Une jeune femme est sur le point de se marier, lorsqu'elle apprend le décès de son père (absent depuis sa tendre enfance, trop occupé à faire le tour du monde dans le cadre de son travail). Ironiquement, les funérailles ont lieux le jour même du mariage. Ce dernier est donc remis à une date ultérieure.
Au lendemain de la cérémonie funèbre, la protagoniste reçoit la livraison d'une grande caisse en bois à son appartement de New York. Dans cette caisse se trouve ce qui ressemble à s'y méprendre à une statue de cire de son père. Dans la poche d'habit de ce dernier se trouve une télécommande. Lorsque Julia (l'héroïne du récit) active la télécomande, la « statue » se met à bouger et à parler.
Il s'agit en fait d'un androïde extrêmement bien conçu par une firme de bioinginérie dont le père de Julia était actionnaire. Il lui apprend donc qu'elle a six jours pour se réconcilier avec lui et faire son deuil, avant que ses batteries ne soient complètement à plat.
À cette intrigue pseudo-fantastique vient alors se greffer une sorte de road-trip que Julia entreprend avec l'androïde paternel après être tombée sur le portrait d'un ancien amour rencontré lors de la chute du mur de Berlin. (Je vous jure que je n'invente rien!)
Bref, de péripéties en aventures, le récit déroule ses phrases toutes faites, sur les deuxièmes chances que nous offre la vie, et sur notre rapport avec notre passé.
Alors que les autres romans de Marc Lévy nous donnaient le goût de croire à l'intrigue plus ou moins « fantastique », « Toutes les choses [...] » nous donne au contraire l'impression que Lévy nous prend pour des imbéciles. Les ficelles sont grosses, et on devine la fin dès le premier tiers du roman.
Bref, après nous avoir offert l'émouvant et extrêmement poignant « Fils de la liberté », Lévy nous donne ici à lire un bonbon trop sucré et désespérément vide.
Je lui donne à peine 2 signets sur 5, et encore, c'est parce que j'ai adoré les autres romans de Lévy et que j'espère qu'il sera en mesure de rehausser le niveau de ses prochaines oeuvres...